Samedi 3 mai 2008



Quand leurs ailes sont vides

Les anges boitent aussi

Les deux pieds sur la terre

L'homme dresse des murs

Des écoles, des prisons, des banques

Malgré tout

Il y a toujours quelqu'un

Pour regarder la mer

Pour parler aux oiseaux

Pour nourrir un enfant

Quand les étoiles s'éteignent

Elles brillent dans nos yeux

Il y a sous notre peau

Des pétales de fleur

De la poussière de lune

Des sédiments de pierre

Des souvenirs d'écailles

Ce que l'on aurait pu

Ce que l'on ne voulait pas

L'éclat du premier feu

La cendre du dernier

Les yeux ne suffisent pas

Pour voir

Ni les mots pour écrire

Assis dans la cour

J'élève des cailloux

Des cigales, des rigoles

J'élève la voix

A la hauteur des branches

Sans tromper les racines

Je lève l'espérance

A la hauteur du cœur

Je baisse les paupières

Pour regarder le ciel

Je hisse l'absolu

Sur le fil du réel

Le cœur dans la terre

Rejoint la tête en l'air

Même l'oiseau sur un fil

Peut perdre l'équilibre

Il préfère le ciel

Pour étendre ses ailes
La pluie se dissout

Dans l'épaisseur des arbres

Le vent révise les copies

De l'air sans corriger ses fautes

Le chasseur et la proie

S'accouplent dans la faim

Comment lire les mots

Qui brûlent sans fumée

Lorsque je tends la main

Il y a toujours un doigt

Qui fait la sourde oreille

Lorsque lundi devient mardi

Il y a longtemps déjà

Que je suis vendredi

Je cherche l'horizon

Sur le puzzle des nuages

La petite ligne bleue

Grignotée par la lune

La trame rose et pâle

Laissée par un avion

Le vol d'un oiseau

Affolé par l'orage

Quand la terre dégèle

Des odeurs d'enfance

Remontent à la surface

Et traversent le temps

 

 

 

Tel que je l’ai lu, un extrait de « La preuve du pain »

De Lafrenière

Admirez ! C’est enivrant…

 


 

par hydrogene commentaires (4)   
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Mardi 29 avril 2008



J’ai rêvé

Etre sans cervelle

La tête à moitié ciselée

J’avais des oreilles d’éléphants

Des lèvres de kangourou

Une queue de babouin

Je mangeais un fruit

Que je ne connaissais point

Ça devait être délicieux

De s’allonger tout nu

Sur un lit d’infidélité

Avec une pute à trois sous

On parlera de se foutre en l’air

Fumer une clope

Puis de s’envoyer une noisette

Dans la tempe

Enfouir un pétard

Dans l’instinct grêle

Grelottent mes intestins

Réflexe inconditionné

Chien de Pavlov

Electrodes envahissant le corps

Il parait que

Je regarde trop la télé

Où je vois s’envoler mes pensées

Je les poursuivais souvent

Avec mon épuisette

Tels des papillons

Pourquoi mes poils

Ressemblent-ils à des épines

Ma langue bavait le clébard

Mes ongles griffaient l’ours

Mes dents embrassaient le croco

Ma silhouette enviait l’hypo

Ca doit être dégueulasse

L’autre-moi

Que je suis

 

 

par hydrogene commentaires (3)   
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