Quand leurs ailes sont vides
Les anges boitent aussi
Les deux pieds sur la terre
L'homme dresse des murs
Des écoles, des prisons, des banques
Malgré tout
Il y a toujours quelqu'un
Pour regarder la mer
Pour parler aux oiseaux
Pour nourrir un enfant
Quand les étoiles s'éteignent
Elles brillent dans nos yeux
Il y a sous notre peau
Des pétales de fleur
De la poussière de lune
Des sédiments de pierre
Des souvenirs d'écailles
Ce que l'on aurait pu
Ce que l'on ne voulait pas
L'éclat du premier feu
La cendre du dernier
Les yeux ne suffisent pas
Pour voir
Ni les mots pour écrire
Assis dans la cour
J'élève des cailloux
Des cigales, des rigoles
J'élève la voix
A la hauteur des branches
Sans tromper les racines
Je lève l'espérance
A la hauteur du cœur
Je baisse les paupières
Pour regarder le ciel
Je hisse l'absolu
Sur le fil du réel
Le cœur dans la terre
Rejoint la tête en l'air
Même l'oiseau sur un fil
Peut perdre l'équilibre
Il préfère le ciel
Pour étendre ses ailes
La pluie se dissout
Dans l'épaisseur des arbres
Le vent révise les copies
De l'air sans corriger ses fautes
Le chasseur et la proie
S'accouplent dans la faim
Comment lire les mots
Qui brûlent sans fumée
Lorsque je tends la main
Il y a toujours un doigt
Qui fait la sourde oreille
Lorsque lundi devient mardi
Il y a longtemps déjà
Que je suis vendredi
Je cherche l'horizon
Sur le puzzle des nuages
La petite ligne bleue
Grignotée par la lune
La trame rose et pâle
Laissée par un avion
Le vol d'un oiseau
Affolé par l'orage
Quand la terre dégèle
Des odeurs d'enfance
Remontent à la surface
Et traversent le temps
Tel que je l’ai lu, un extrait de « La preuve du pain »
De Lafrenière
Admirez ! C’est enivrant…




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